Orthodontie interceptive
L’orthodontie interceptive correspond aux traitements entrepris pendant l’enfance, vers l’âge de 8-12 ans lorsque les dents de lait et les dents définitives sont encore présentes simultanément.
Son objectif n’est ni de rechercher un alignement parfait des dents, ni de traiter systématiquement tous les enfants le plus tôt possible. Il s’agit avant tout de repérer les situations qui bénéficient particulièrement d’une intervention pendant la croissance, afin de les corriger au moment le plus opportun et de créer les meilleures conditions possibles pour l’évolution de la denture définitive.
Cette prise en charge précoce, lorsqu’une anomalie dentaire, fonctionnelle ou squelettique risque de s’aggraver, ne permet pas nécessairement d’éviter un traitement orthodontique complémentaire ultérieur, notamment à l’adolescence, mais peut en faciliter la réalisation. Elle constitue ainsi bien souvent la première phase d’un traitement.
Pourquoi intervenir pendant la croissance ?
Chez l’enfant, les mâchoires sont encore en développement. Cette période peut donc être particulièrement favorable à certaines corrections.
Selon la situation, un traitement interceptif peut chercher à :
- guider la croissance des mâchoires ;
- corriger un décalage entre la mâchoire supérieure et la mandibule ;
- corriger une mâchoire supérieure trop étroite ;
- améliorer les rapports entre les arcades dentaires ;
- créer ou préserver l’espace nécessaire aux dents définitives ;
- corriger un déplacement fonctionnel de la mandibule ;
- accompagner l’arrêt de certaines habitudes comme la succion du pouce ;
- favoriser une meilleure mastication ;
- améliorer l’environnement nécessaire à l’éruption des dents définitives.
À quel âge réaliser un premier bilan ?
Au cabinet Plaisir de Sourire nous vous recommandons de réaliser un premier bilan orthodontique pour votre enfant autour de 7 à 8 ans, lors de l’apparition des 4 incisives définitives supérieures et inférieures.
Ce rendez-vous ne signifie pas qu’un traitement doit nécessairement commencer. Dans de nombreux cas, une surveillance de la croissance, de l’éruption des dents et de l’évolution de l’occlusion suffit. Consulter tôt ne signifie donc pas obligatoirement traiter tôt. Cela permet surtout de ne pas manquer le moment le plus favorable pour intervenir.
Une consultation plus précoce peut toutefois être indiquée en présence d’une anomalie importante, notamment un articulé croisé, une asymétrie, une béance marquée, un déséquilibre visible entre les mâchoires, les dents et le reste du visage ou des difficultés de mastication.
Dans quelles situations un traitement interceptif peut-il être indiqué ?
Une respiration buccale
En savoir plus : Orthodontie fonctionnelle
Une succion persistante du pouce ou d’un doigt
En savoir plus : Orthodontie fonctionnelle
Un décalage entre les mâchoires
Lorsque la mâchoire supérieure et la mandibule présentent un décalage important, certains appareils peuvent être utilisés pendant la croissance afin de guider leurs rapports.
Le traitement peut chercher à améliorer l’équilibre antéro-postérieur des mâchoires et à créer des conditions plus favorables à l’évolution de la denture définitive.
Des incisives supérieures en arrière des incisives inférieures
Lorsque les incisives inférieures sont en avant des incisives supérieures, on parle d’articulé croisé antérieur, c’est comme si la croissance des 2 mâchoires se produisaient en même temps.
Dans la croissance maxillo-faciale, la mâchoire supérieure croît et prend fin en premier, la croissance de la mâchoire inférieure est dite « croissance de rattrapage », elle s’achève après que celle du haut ne se soit arrêtée.
Cette situation chez l’enfant en croissance constitue une « urgence en orthodontie », une prise en charge précoce est spécifiquement pertinente.
Une mâchoire supérieure trop étroite
Lorsque l’arcade supérieure est insuffisamment développée transversalement, les dents supérieures peuvent venir s’engrener à l’intérieur des dents inférieures.
Ces contacts dentaires anormaux peuvent provoquer une interférence dentaire et mener à un articulé croisé latéral entraînant une déviation fonctionnelle de la mandibule et un déplacement du menton lors de la fermeture.
Une prise en charge précoce peut alors être particulièrement intéressante.
Une béance
Lorsque les incisives supérieures et inférieures ne se rejoignent pas, on parle de béance antérieure.
Elle peut être associée à une succion prolongée du pouce ou de la tétine, à une position basse ou antérieure de la langue ou à une déglutition atypique.
Dans certain cas la béance peut être latérale et provoquée par l’interposition linguale.
Selon l’origine du problème et l’âge de l’enfant, une prise en charge orthodontique et fonctionnelle peut être proposée.
Des incisives supérieures très en avant
Des incisives très projetées peuvent modifier l’occlusion et être davantage exposées aux traumatismes lors d’une chute.
Selon la situation, une intervention précoce peut être envisagée.
Un manque d’espace pour les dents définitives (dents encombrées, mal positionnées ou bloquées, incisives fortement chevauchées)
Lorsque les arcades sont trop étroites ou que les dents définitives disposent de peu d’espace pour faire leur éruption, un encombrement peut apparaître.
Le traitement peut chercher à préserver ou à créer de l’espace afin de favoriser une évolution plus favorable de la denture.
Une éruption dentaire anormale ou la persistance particulièrement tardive des dents de lait
Certaines dents définitives peuvent apparaître en dehors de l’arcade, rester bloquées ou faire leur éruption alors que la dent temporaire correspondante est encore présente.
Une « double rangée » de dents peut ainsi apparaître temporairement.
Une évaluation permet de déterminer si la situation doit simplement être surveillée ou si une intervention est nécessaire.
La perte ou l’extraction particulièrement prématurée d’une dent temporaire
Les dents de lait jouent notamment un rôle de maintien de l’espace nécessaire aux dents définitives.
Lorsqu’une dent temporaire est perdue ou extraite trop tôt, les dents voisines peuvent progressivement se déplacer vers l’espace libre.
La place disponible pour la dent définitive peut alors diminuer.
Selon le stade de développement dentaire, le praticien peut proposer une simple surveillance ou la mise en place d’un mainteneur d’espace.
L’objectif est de préserver, lorsque cela est nécessaire, l’espace utile à l’éruption future des dents permanentes.
Quels traitements peuvent être proposés ?
Les traitements interceptifs sont généralement de courte durée avec des appareils simples. Le choix de l’appareil et le moment du traitement sont toujours déterminés individuellement, après un bilan orthodontique et dépendent de l’anomalie à corriger, de l’âge et du stade de croissance de l’enfant.
Différents dispositifs peuvent être utilisés :
- Les appareils amovibles : plaques palatines et éducateur fonctionnel, que l’enfant met en place et retire lui-même.
- Les appareils fixes : mainteneurs d’espace, multi-attaches partiel, Quad Helix, disjoncteur, ainsi que le masque facial, relié à un appareil placé dans la bouche.
- Le PUL : un appareil amovible qui guide la croissance des mâchoires dans certains décalages de Classe II ou de Classe III.
En savoir plus : Appareils amovibles, Appareils fixes, Le PUL
Le rôle des parents et de l’enfant
La coopération de l’enfant et de ses parents joue un rôle important dans de nombreux traitements précoces.
Elle concerne notamment :
- le respect du temps de port des appareils amovibles ;
- l’hygiène bucco-dentaire ;
- les éventuelles activations d’un appareil réalisées à domicile ;
- l’abandon progressif de certaines habitudes ;
- le respect des rendez-vous de suivi.
Le rôle des parents est avant tout d’accompagner et d’encourager l’enfant. Expliquez-lui pourquoi il est crucial de suivre les recommandations de son praticien pour obtenir un sourire aligné et stable qui améliorera son apparence mais aussi sa santé bucco-dentaire générale. Une bonne compréhension de l’importance de son traitement peut motiver votre enfant. La discipline est essentielle pour le succès du traitement dans sa globalité. C’est pourquoi porter une attention particulière à son suivi et le féliciter lorsqu’il respecte les instructions est capital.
Un traitement précoce évite-t-il un traitement à l’adolescence ?
Pas nécessairement. L’orthodontie interceptive peut constituer la première phase d’une prise en charge en deux temps. Après cette première correction, une période de surveillance accompagne la poursuite de la croissance et l’arrivée des dents définitives. Une seconde phase orthodontique peut ensuite être nécessaire à l’adolescence pour finaliser l’alignement des dents et leur emboîtement.
En savoir plus : Surveillance orthodontique, Orthodontie de l’adolescent
Les traitements interceptifs pendant l’enfance offrent ainsi de nombreux avantages à long terme. Ils favorisent une croissance et un développement harmonieux des mâchoires et des dents, ainsi qu’une meilleure santé bucco-dentaire générale. Ils peuvent améliorer non seulement l’alignement des dents, mais aussi la fonction masticatoire et, dans certaines situations, la respiration.
En corrigeant certains problèmes dès leur apparition, ils permettent d’éviter leur aggravation, d’améliorer l’espace disponible pour les dents définitives et de simplifier une éventuelle prise en charge ultérieure. Ils peuvent ainsi réduire la nécessité de recourir à des traitements orthodontiques plus complexes et coûteux à l’avenir, sans pour autant garantir l’absence d’un traitement complémentaire ou d’extractions dentaires.
Néanmoins, il existe deux contre-indications aux traitements précoces pour lesquelles une prise en charge plus tardive est recommandée :
- Les déséquilibres squelettiques sévères
- Les déviations de la mandibule causées par une asymétrie de la croissance entre le condyle articulaire gauche et droit de la mâchoire inférieure
Votre prise en charge au cabinet Plaisir de Sourire
Lorsqu’un traitement interceptif est envisagé, des examens complémentaires sont réalisés au cabinet : radiographies, photographies et empreinte numérique. Lors du bilan, le Dr Guillaume Arbouin ou le Dr Mathilde Maillart vous présente le diagnostic avec des supports visuels. Des modèles d’appareils peuvent être montrés à votre enfant, qui peut les toucher et les manipuler. Un compte rendu précise ensuite la durée prévisionnelle et les étapes du traitement.
Pendant le traitement, les rendez-vous de suivi ont lieu environ toutes les 1 à 12 semaines, selon l’appareil. Ils permettent de surveiller la croissance, d’évaluer les corrections et d’ajuster l’appareil. Les photographies de suivi sont consultables sur l’application DentaPoche.
En savoir plus : Parcours de soin
Questions fréquentes sur l’orthodontie interceptive
Pourquoi traiter un enfant jeune ?
Certains traitements précoces permettent de profiter de la croissance ou d’éviter qu’une anomalie ne s’aggrave. Toutes les situations ne demandent pas pour autant un traitement précoce. L’objectif est de traiter au moment le plus pertinent, et non le plus tôt possible.
Le traitement peut-il fonctionner si mon enfant n’est pas très motivé ?
La coopération de l’enfant joue un rôle important. Le brossage, le port des appareils amovibles, les précautions alimentaires et la présence aux rendez-vous participent directement au bon déroulement du traitement. Un traitement orthodontique est un véritable travail d’équipe entre votre enfant, vous et le praticien.
Combien de temps dure un traitement interceptif ?
Il est généralement court. Sa durée dépend de l’anomalie, de l’appareil et de la croissance de votre enfant. Le compte rendu remis après le bilan précise la durée prévisionnelle.
Que se passe-t-il à la fin du traitement interceptif ?
Une période de surveillance peut suivre, notamment lorsque toutes les dents définitives ne sont pas encore là. Des rendez-vous espacés permettent de suivre la croissance, l’évolution des dents et le maintien des corrections. Ils aident à décider si une seconde phase sera utile à l’adolescence.
Prendre rendez-vous pour l’orthodontie interceptive de votre enfant à Aiffres
Une dent de lait tombée trop tôt, des dents du bas devant celles du haut, un manque de place ? Le Dr Guillaume Arbouin et le Dr Mathilde Maillart vous reçoivent avec votre enfant au cabinet Plaisir de Sourire, à Aiffres. Nous regardons ensemble s’il vaut mieux agir maintenant ou surveiller. Appelez-nous au 05 86 58 01 45 ou faites votre demande en ligne.