Orthodontie fonctionnelle
L’orthodontie fonctionnelle ne s’intéresse pas uniquement à l’alignement des dents. Elle prend également en compte les fonctions qui participent au développement des mâchoires et à l’équilibre de la sphère oro-faciale : la respiration, la mastication, la déglutition, la position de la langue, ainsi que l’action des lèvres et des joues.
Chez l’enfant en croissance, ces fonctions exercent quotidiennement des forces sur les dents et les structures osseuses. Lorsqu’elles sont équilibrées, elles accompagnent le développement des arcades dentaires. Lorsqu’une dysfonction persiste, elle peut au contraire participer à l’installation ou au maintien de certaines anomalies dentaires ou squelettiques.
L’objectif de l’orthodontie fonctionnelle est donc d’identifier ces déséquilibres, d’en rechercher les causes et, lorsqu’une prise en charge est indiquée, de favoriser un fonctionnement oro-facial plus harmonieux.
Au cabinet Plaisir de Sourire, à Aiffres, près de Niort, nous examinons ces fonctions dès la première consultation de votre enfant. Le Dr Guillaume Arbouin et le Dr Mathilde Maillart recherchent un éventuel déséquilibre et sa cause. Lorsqu’un traitement est indiqué, il vise un fonctionnement plus harmonieux de la bouche et du visage.

L’équilibre entre la langue, les lèvres et les joues
Les dents se développent dans un véritable « couloir musculaire ».
La langue exerce des forces depuis l’intérieur de la bouche vers l’extérieur, tandis que les lèvres et les joues agissent de l’extérieur vers l’intérieur. L’équilibre entre ces différentes pressions participe au maintien de la forme des arcades dentaires et de la position des dents.

Au repos, la langue adopte normalement une position haute, en contact avec le palais, tandis que les lèvres peuvent rester jointes sans effort excessif.
Lorsque cet équilibre est perturbé – langue basse, bouche fréquemment ouverte, lèvres peu toniques ou au contraire très contractées – les forces exercées sur les dents et les mâchoires sont modifiées.
Ces situations ne doivent pas systématiquement être considérées comme de simples « mauvaises habitudes ». Elles peuvent être la conséquence d’une difficulté respiratoire, d’une adaptation fonctionnelle ou d’un trouble de l’occlusion.
La respiration nasale et la respiration buccale
Au repos, la respiration est normalement principalement nasale.
La respiration nasale est généralement associée à une position plus haute de la langue et à une fermeture naturelle des lèvres. Elle participe ainsi à l’équilibre de la sphère oro-faciale.
Lorsqu’un enfant respire régulièrement par la bouche, il peut maintenir les lèvres entrouvertes et adopter une position plus basse de la langue.

Une respiration buccale persistante peut être associée à :
- un palais ou une arcade supérieure étroits ;
- un articulé croisé ;
- un manque de place pour les dents ;
- un encombrement dentaire ;
- une croissance faciale plus verticale ;
- une mandibule paraissant en retrait ;
- une sécheresse buccale, favorisant l’inflammation des gencives ;
- une irritation gingivale ;
- une modification de la posture de la tête et du cou.
Certains signes peuvent attirer l’attention des parents : bouche fréquemment ouverte, lèvres sèches, difficulté à garder les lèvres jointes, respiration bruyante, nez souvent bouché, ronflements, sommeil agité ou fatigue au réveil, cernes.
La respiration buccale est un symptôme. Il est donc important d’en rechercher la cause.
Une obstruction nasale, des allergies, une hypertrophie des végétations ou des amygdales ou d’autres particularités ORL peuvent être impliquées. Un avis auprès d’un médecin ORL peut alors être indiqué.
La langue et la déglutition
La langue joue un rôle important dans l’équilibre oro-facial.
La déglutition est répétée de très nombreuses fois au cours de la journée. Lorsqu’elle est fonctionnelle, les dents rentrent légèrement en contact et les muscles de la langue, des lèvres et des joues travaillent de manière coordonnée.
Chez certains enfants, une déglutition dite atypique ou immature persiste. La langue peut alors venir s’interposer entre les dents ou exercer des pressions vers l’avant.
Cette situation peut être associée à :
- une béance antérieure ou latérale ;
- des incisives projetées vers l’avant ;
- un palais étroit ;
- certaines difficultés de prononciation ;
- une moindre stabilité de certaines corrections orthodontiques lorsque la dysfonction persiste.
Lorsque la position de la langue et la déglutition participent au problème orthodontique, le déplacement des dents ne suffit pas toujours à lui seul.
Une rééducation spécifique peut alors être proposée afin d’améliorer la position de repos de la langue et la manière d’avaler.
Parce que trouver un professionnel est compliqué : Rééducation linguale
La mastication
La mastication contribue également au développement fonctionnel.
Elle devrait idéalement pouvoir s’effectuer alternativement des deux côtés.
Lorsqu’un enfant mastique presque exclusivement d’un seul côté, cela peut être lié à une habitude, à une gêne dentaire ou à un problème d’occlusion. Pour un développement harmonieux de l’appareil manducateur, il faut ajuster la fonction et la forme.
Une mastication unilatérale persistante peut être associée à :
- une asymétrie des arcades dentaires ;
- une déviation du menton ;
- un déplacement fonctionnel de la mandibule ;
- un développement moins symétrique des mâchoires.
La détection précoce de ces situations permet d’en rechercher la cause et, si nécessaire, de rétablir une mastication plus équilibrée.


Pouce, doigts et tétine
La succion est un réflexe naturel chez le jeune enfant. Cependant lorsque la succion du pouce, d’un doigt ou d’une tétine se prolonge après 3-4 ans, des forces répétées, non physiologiques, s’exercent alors sur les dents et les mâchoires. Celles-ci peuvent être associé à :
- une projection des incisives supérieures ;
- une modification de la position des incisives inférieures ;
- une béance antérieure ;
- un palais plus étroit ;
- une modification de la position de la langue ;
- la persistance d’une déglutition immature.
L’objectif n’est pas de culpabiliser l’enfant, mais de l’accompagner progressivement vers l’arrêt de cette habitude.
Lorsque l’arrêt est difficile, des solutions adaptées à son âge, à sa maturité et à sa situation peuvent être envisagées, parfois même le recours à l’hypnose ou un psychologue peuvent être proposé.
Les appareils d’éducation fonctionnelle
L’éducateur fonctionnel est un appareil orthodontique amovible et souple en silicone ou polyuréthane, généralement sous forme de gouttières, utilisé principalement chez l’enfant en période de croissance. Les matériaux utilisés sont à la fois biocompatibles avec l’organisme et inoffensifs pour la cavité buccale.
Son rôle est d’aider à rééquilibrer les fonctions de la sphère oro-faciale lorsque celles-ci sont inadaptées : position de la langue, déglutition, fermeture des lèvres ou respiration. Il agit également sur l’environnement musculaire des dents et des mâchoires en favorisant un fonctionnement plus harmonieux.
Selon les besoins de l’enfant, il peut notamment contribuer à :
- favoriser une position correcte de la langue ;
- améliorer la fermeture et le tonus des lèvres ;
- accompagner la correction d’une déglutition inadaptée ;
- encourager la respiration nasale lorsqu’elle est possible ;
- limiter certaines habitudes fonctionnelles défavorables.
L’éducateur est généralement porté la nuit pour dormir et quelques minutes dans la journée, notamment lors d’activités calmes (en regardant la télévision, en jouant sur la console ou la tablette, en lisant, en faisant les devoirs), selon les recommandations du praticien. Son utilisation peut être associée à des exercices simples afin que les nouvelles habitudes deviennent progressivement naturelles, y compris lorsque l’appareil n’est pas en bouche. Ils ne remplacent toutefois pas une rééducation spécifique lorsqu’elle est indiquée, mais peut s’intégrer dans une prise en charge fonctionnelle plus globale.
Son efficacité dépend donc directement de la régularité du port et de l’implication de l’enfant et des parents.
Une courte période d’adaptation est souvent nécessaire. Au début, l’appareil peut sembler encombrant, augmenter la salivation ou gêner temporairement la fermeture des lèvres.
En savoir plus : Appareils amovibles
Il doit être nettoyé régulièrement et rangé dans sa boîte lorsqu’il n’est pas porté. Il ne faut pas le mâcher ni jouer avec afin d’éviter de le détériorer.
En cas de douleur, de blessure ou de difficulté persistante à le porter, il est important de le signaler au praticien afin qu’il puisse en vérifier l’adaptation.
Une approche parfois multidisciplinaire
Les fonctions oro-faciales ne relèvent pas uniquement de l’orthodontie.
Selon les besoins de l’enfant, une collaboration avec d’autres professionnels peut être proposée.
L’ORL
Un avis ORL peut être indiqué en cas de respiration buccale persistante, de nez régulièrement bouché, de ronflements ou de difficultés respiratoires nocturnes (apnées du sommeil).
L’objectif est de rechercher une éventuelle cause anatomique ou fonctionnelle empêchant une respiration nasale satisfaisante.
L’orthophonie
Une prise en charge orthophonique peut être proposée lorsque la position de la langue, la déglutition, la phonation ou certaines habitudes musculaires participent au déséquilibre.
Le travail peut porter sur la position de repos de la langue, la déglutition et l’équilibre musculaire des lèvres et des joues.
La kinésithérapie
Selon la situation, une prise en charge en kinésithérapie, notamment oro-maxillo-faciale, peut compléter le traitement.
Quels signes peuvent justifier une évaluation fonctionnelle ?
Certains signes peuvent attirer l’attention des parents :

- bouche fréquemment ouverte ;
- respiration buccale ;
- ronflements ou sommeil agité ;
- lèvres difficiles à fermer sans effort ;
- langue visible entre les dents ;
- déglutition avec contraction importante des lèvres ou du menton ;
- succion persistante du pouce ou d’un doigt ;
- mastication presque exclusivement d’un côté ;
- difficultés à mordre ou à mastiquer ;
- troubles de prononciation ;
- béance antérieure ;
- palais étroit ;
- déviation du menton ;
- incisives très projetées vers l’avant.
Ces signes ne signifient pas nécessairement qu’un traitement orthodontique doit commencer immédiatement.
Ils justifient surtout une évaluation permettant d’identifier les éventuelles dysfonctions et leurs conséquences sur le développement oro-facial.
Pourquoi prendre en charge les fonctions ?
Corriger uniquement la position des dents sans prendre en compte une dysfonction persistante peut parfois laisser subsister les forces qui ont participé au déséquilibre initial.
Lorsqu’une respiration buccale, une mauvaise position de la langue, une déglutition atypique ou une mastication déséquilibrée jouent un rôle dans la malocclusion, leur prise en charge peut contribuer à créer un environnement plus favorable au développement et à la stabilité du traitement orthodontique.
L’orthodontie fonctionnelle s’inscrit ainsi dans une approche globale de l’enfant : elle ne cherche pas uniquement à déplacer des dents, mais également à favoriser des fonctions oro-faciales aussi équilibrées que possible pendant la croissance.
Votre prise en charge au cabinet Plaisir de Sourire
Dès la première consultation, l’examen au fauteuil porte sur les dents, l’occlusion et les fonctions, en votre présence. La respiration, la déglutition et la position de la langue sont ensuite prises en compte dans le bilan orthodontique. Le Dr Guillaume Arbouin ou le Dr Mathilde Maillart vous présente le diagnostic avec des supports visuels. Votre enfant est invité à poser ses questions.
Si un autre professionnel doit intervenir, le praticien peut rédiger un courrier d’adressage. Ce courrier transmet ses observations et précise les objectifs recherchés. Lors de la remise d’un éducateur fonctionnel, votre enfant apprend à le mettre en place et à le retirer, avec vous. La durée de port, le nettoyage et le rangement vous sont expliqués.
En savoir plus : Parcours de soin
Questions fréquentes sur l’orthodontie fonctionnelle
Le pouce ou la tétine peuvent-ils avoir une influence sur les dents ?
Oui. Une succion prolongée peut influencer la position des dents et, dans certaines situations, la croissance des mâchoires. L’importance des conséquences dépend notamment de la fréquence, de l’intensité et de la durée de cette habitude.
La respiration ou la position de la langue peuvent-elles avoir une influence ?
Oui. La respiration, la déglutition et la position de la langue participent à l’équilibre de la bouche et du visage. Elles sont prises en compte lors du bilan orthodontique. Si nécessaire, le praticien propose un suivi complémentaire ou oriente votre enfant vers un autre professionnel.
Mon enfant respire par la bouche : un appareil suffit-il ?
Pas à lui seul. La respiration buccale est un symptôme dont il faut d’abord rechercher la cause, notamment avec un médecin ORL. L’éducateur fonctionnel peut encourager la respiration par le nez lorsqu’elle est possible, mais il ne traite pas une obstruction.
Combien de temps par jour faut-il porter l’éducateur fonctionnel ?
Il se porte généralement la nuit, et quelques minutes dans la journée pendant une activité calme. Le praticien adapte ces consignes à votre enfant. Des exercices simples peuvent compléter le port de l’appareil.
Prendre rendez-vous pour l’orthodontie fonctionnelle de votre enfant à Aiffres
Votre enfant garde souvent la bouche ouverte, place sa langue entre ses dents ou suce encore son pouce ? Le Dr Guillaume Arbouin et le Dr Mathilde Maillart vous reçoivent avec lui au cabinet Plaisir de Sourire, à Aiffres. Ils prennent le temps d’observer sa respiration, sa langue et sa façon d’avaler, puis de vous dire si un suivi est utile. Vous pouvez nous appeler au 05 86 58 01 45 ou nous adresser votre demande en ligne.